Discours sur l'état de la Wallonie

Monsieur le Président,

 

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

"La force peut naître de l'adversité et des souffrances."

 

L’adversité et la souffrance, ces derniers temps, la Wallonie n’en a vraiment pas manqué.

 

Le sinistre cortège a démarré avec la covid.

 

Ensuite sont venues les inondations catastrophiques de juillet, et enfin la guerre en Ukraine.

 

A chacun de ces moments, le gouvernement a fait face instantanément.

 

Il a agi très vite, mais aussi avec beaucoup de force et de détermination.

 

Il a agi avec force car il ne veut laisser personne au bord du chemin.

 

Ni les gens qui souffrent socialement, ni la classe moyenne, ni les jeunes, ni les aînés, ni les entreprises qui doivent continuer à offrir des emplois de qualité.

 

Pas plus, bien entendu, que les habitants des zones sinistrées par les horribles inondations de l’an dernier.

 

Personne, je le répète, ne sera abandonné face à ses difficultés.

 

Monsieur le Président

Mesdames, Messieurs les Parlementaires

 

Le gouvernement wallon a montré au pays et à l’UE que la Wallonie faisait preuve d’une grande résilience et pouvait désormais se projeter à nouveau dans l’avenir.

 

Un premier succès, même s’il n’est pas définitif, même s’il n’est pas unique à la Wallonie, est indiscutablement l’affaiblissement très net de la pandémie.

 

Notre campagne de vaccination a été une grande réussite et il faut le saluer.

 

Plus généralement, nos efforts, ceux de la population, du personnel soignant et de tous les pouvoirs publics confondus, ont porté leurs fruits.

 

Rien n’est acquis et nous savons que l’épidémie est susceptible de reprendre n’importe quand, sous une forme ou sous une autre.

 

Mais en attendant, tout en restant vigilant, nous pouvons à nouveau exercer nos libertés et renouer avec les plaisirs de la vie.

 

Prenons donc la période actuelle comme un cadeau, et profitons-en.

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

La Wallonie, ce sont avant tout des êtres humains.

 

Mais nous pouvons également la présenter au travers de données chiffrées.

 

Comme à l’accoutumée, l’IWEPS a rendu publics une série d’indicateurs qui nous éclairent sur l’état macro-économique et social de notre Région.

 

Le taux de privation matérielle et sociale, qui était de 15,8% en 2020, est descendu à 14,1% en 2021.

 

Le taux de risque de pauvreté en 2021, qui était de 18,2% l’année précédente, est passé à 17,7%.

 

L’an dernier, en moyenne, un peu plus de 72.500 personnes ont bénéficié chaque mois d’un revenu d’intégration sociale.

 

Ce chiffre évolue à la baisse depuis l’été dernier.

 

En décembre 2021, moins de 70.000 personnes bénéficiaient du RIS.

 

Cette amélioration, surtout dans un contexte de crise grave, nous encourage.

 

Mais, soyons clairs, elle ne nous réjouit pas.

 

Trop de ménages, trop de familles, trop de personnes seules continuent à subir la précarité.

 

Des facteurs extérieurs, comme les crises, impactent très négativement la population précarisée au-delà de toute action gouvernementale.

 

Mais avec les compétences qui sont les siennes, le gouvernement wallon continuera sans cesse à rechercher de nouvelles solutions, qu’elles soient immédiates ou à long terme.

 

Monsieur le Président

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

 

En 2021, le taux de croissance annuel du PIB est redevenu positif.

Il s’est amélioré de 5,7 pour cent.

 

Au dernier trimestre 2021, le PIB wallon a pratiquement retrouvé son niveau d’avant crise.

 

Pour 2022, les perspectives de poursuite de la reprise économique en Wallonie sont positives.

 

Mais, nous devons rester prudents.

 

Les effets négatifs, directs et indirects, de la guerre en Ukraine commencent seulement à se faire sentir.

 

L’augmentation vertigineuse du prix de l’énergie et des matières premières, la perturbation des chaînes de production et l’instabilité des marchés financiers risquent de durer.

Et, de coûter très cher.

 

L’IWEPS estime néanmoins que notre PIB pourrait augmenter de 2,5% cette année.

 

En 2021, le volume de la consommation privée a augmenté de 5,9%.

 

En 2022, la croissance de la consommation privée devrait se situer aux alentours de 4%.

 

En 2021, l’investissement résidentiel a quant à lui augmenté de 9,8%.

 

Le redressement économique constaté en 2021 a également engendré une forte augmentation de la demande de travailleurs au sein des entreprises.

 

L’emploi intérieur en Wallonie, c’est-à-dire le nombre de personnes qui travaillent sur le territoire wallon, a crû de 1,7% en moyenne annuelle par rapport à 2020.

 

Entre le début de l’année et la fin de l’année 2021, près de 30.000 emplois ont été créés.

 

Fin de l’année 2021, l’emploi avait retrouvé et même dépassé son niveau d’avant la crise sanitaire.

 

Malgré les nombreuses infortunes que nous avons connues, le taux d’emploi en Wallonie évolue positivement.

 

En 2021, le taux d’emploi a augmenté de 0,6 pour cent pour atteindre 65,2%.

 

Ce taux aurait même été de 65,7% si la méthode de calcul n’avait pas évolué.

 

Quant au nombre de demandeurs d’emplois inoccupés, il continue de diminuer.

Il est passé en dessous de la barre des 200.000 personnes en mars 2022.

 

Bien que trop élevé à mes yeux, il s’agit d’un niveau historiquement bas.

 

Le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de 3,7% en un an.

 

Le taux de chômage est quant à lui en baisse continue.

Il a diminué de 0,5% en un an pour atteindre 12,6%.

 

Quant aux investissements privés, après avoir subi une chute importante en 2020, ils sont en hausse de 9%.

 

Les investissements publics, de leur côté, ont augmenté de 13,8% en 2021 et continueront de croître en 2022, avec une augmentation estimée à 11,7%.

 

Cette croissance est plus importante que la moyenne au niveau belge.

 

Entre 2020 et 2021, les exportations de biens ont crû de 13,5%.

C’est la plus forte augmentation annuelle depuis 2010.

 

L’augmentation devrait perdurer en 2022.

 

Quant aux investissements étrangers, ils ont crû de 46% entre 2020 et 2021.

 

Enfin, en 2021, le taux de création d’entreprise a progressé de 12,5%. C’est une évolution remarquable.

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, les parlementaires

 

En matière d’environnement, plusieurs indicateurs montrent que les choix du gouvernement ont été judicieux.

 

La Wallonie a émis 34 millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2020. Cela représente une diminution de 38,5% par rapport à 1990.

 

Afin de poursuivre cette diminution, le gouvernement a dégagé des moyens financiers notamment pour la rénovation énergétique des logements privés et des bâtiments publics.

 

Plus d’un milliard d’euros est réservé à cet effet dans le plan de relance.

 

En 2020, la part d’énergie renouvelable dans la consommation finale de la Wallonie s’est accrue pour atteindre 14,1%.

 

Grâce à la création de plus 1.000 ha de réserves naturelles, les aires protégées ont augmenté de 10 %.


Nous nous étions engagés à planter un million d’arbres.

Nous en sommes à un million quatre cent mille arbres plantés ou prêts à être plantés.

 

Le Gouvernement s’est aussi doté d’une ambitieuse stratégie de développement cyclable à hauteur de quelques 400 millions d’euros.

 

Enfin, le Gouvernement a également accordé des moyens financiers pour améliorer les infrastructures et l’offre commerciale de ses transports en commun.

 

Cela représente un budget d’un milliard d’euros, et ces investissements portent déjà leurs fruits.

 

En 2020, 8,5 millions de km supplémentaires ont été effectués par nos bus.

Cela représente une augmentation de l’offre de 9,34%.

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

Ce qui se profile derrière toutes ces statistiques, c’est une évolution favorable de la Wallonie.

 

Malgré les différentes catastrophes et les nombreux coups de frein, la Wallonie est fermement engagée sur la voie du redressement.

 

En effet, le gouvernement wallon a mis tout en œuvre pour soutenir au mieux les citoyens, les entreprises et les pouvoirs locaux.

 

Dans toutes les compétences qu’elle gère, la Région wallonne agit par des décisions concrètes.

 

C’est ainsi que la réforme des aides à la promotion de l’emploi (APE) a pérennisé plus de 65.000 emplois à haute valeur sociale ajoutée.

La réforme est pleinement opérationnelle dès cette année.

 

En matière d’infrastructures relatives à la petite enfance, le Plan Équilibre du gouvernement prévoit l’ouverture de 3143 nouvelles places d’accueil.

 

Quant à l’accord non marchand en Wallonie, il s’agit d’un accord social historique qui permet de revaloriser les salaires et les conditions de travail des femmes et des hommes qui opèrent dans le secteur non marchand.

 

En ce qui concerne la nouvelle dynamique d’accompagnement des demandeurs d’emploi, des pas décisifs ont été accomplis.

 

Ainsi, le parcours d’orientation et de coaching personnalisé dans différents secteurs d’activités a été actualisé.

 

La mise en concordance entre les candidats à un emploi et les offres d’emplois se généralise.

 

Un accompagnement spécifique pour les personnes les plus éloignées de l’emploi a par ailleurs été mis au point.

 

Un appel à projets a été lancé pour des expériences pilotes qui s’inspirent du dispositif des « territoires zéro chômeurs de longue durée »

 

J’ajouterai l’activation d’un nouveau « Plan langues » orienté vers les métiers.

Le néerlandais y sera prioritaire.

 

En matière de lutte contre les discriminations, le gouvernement a élaboré un plan « LGBTQIA+ » en concertation étroite avec les associations.

 

Ce plan fait de la Wallonie une terre d’inclusion et d’émancipation de toutes les personnes concernées, reconnues et respectées dans toute leur diversité

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, les Députés

 

Dans le domaine économique, le travail du gouvernement est démiurgique.

En 2021, près d’un milliard d’euro a été consacré à nos entreprises, grandes et petites, pour leur éviter de sombrer à cause de la covid.  

 

Nonobstant le frein que la pandémie nous a imposé, le gouvernement est allé de l’avant.

 

C’est ainsi que le gouvernement a adopté une stratégie d’évolution rapide vers l’économie circulaire, qui est intitulée « Circular Wallonia ». 

 

Pas moins de 220 millions d’euros sont mobilisés pour ce faire.

 

Le programme « Circular Wallonia » se concentre sur six filières : la construction, les matières plastiques, la métallurgie, l’eau, les textiles et l’industrie alimentaire.

 

En ce qui concerne l’agriculture, le gouvernement a validé le budget et les axes du Plan stratégique relatif à la nouvelle Politique Agricole Commune.

 

L’Europe et la Région mobilisent aujourd’hui un budget de 1,862 milliard pour mettre en place des aides directes aux agriculteurs et un soutien financier au développement rural.

 

Pas moins de 14.800 personnes en bénéficient.

 

La nouvelle politique agricole wallonne pérennise le revenu des agriculteurs, tout en adoptant une stratégie de développement durable.

 

En ce qui concerne le tourisme et le patrimoine, le gouvernement en fait un atout majeur pour le positionnement et l’image de la Wallonie.

La marque « Visit Wallonia » est ainsi de plus en plus présente et percutante.

 

De son côté, le secteur du tourisme se digitalise et se professionnalise.

 

C’est essentiel pour le rayonnement de la Wallonie, et c’est une transformation que le gouvernement soutient activement.

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs, les Parlementaires

 

Le gouvernement veut saluer les instances communales, qui jouent un rôle déterminant auprès des citoyens, particulièrement dans les situations de crise.

 

Via la politique intégrée de la Ville, nous avons mobilisé 240 millions d’euros.

 

Nous avons aussi lancé l’appel à projets « Cœur de village ».

 

Notre soutien, conséquent, a contribué à atténuer de manière déterminante l’impact des crises successives sur les finances communales.

 

Tel est l’un des objectifs du plan « oxygène » à destination des pouvoirs locaux.

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

 

Après les terribles inondations du mois de juillet, le gouvernement a assumé ses responsabilités à l’égard des personnes sinistrées.

 

Et il continue.

 

Je tiens à nouveau à exprimer nos sentiments les plus émus à l’égard de toutes les victimes et leurs familles.

 

La vérité a ses droits.

 

Nous devons rappeler avec force une vérité et une loi que l’on respecte dans un État de droit.

 

Dans le cadre de cette catastrophe naturelle, les assureurs auraient pu légalement se limiter à ne rembourser que 18% des dégâts subis par les citoyens qui pourtant étaient assurés.

 

Pour diverses raisons objectives à l’époque, une loi de 2014 permettait aux assureurs de limiter leurs interventions en cas de catastrophes naturelles.

 

18% seulement de remboursement, c’eût été un drame supplémentaire pour les foyers sinistrés croyant pouvoir compter sur leurs assureurs.

 

Aussi, le gouvernement wallon a jugé inacceptable que l’intervention des assureurs soit limitée à 18%.

 

Au terme d’une longue et difficile négociation, les assureurs ont doublé leurs interventions.

Quant au gouvernement, il a apporté le complément financier d’un milliard d’euros.

C’est un effort financier sans précédent.

 

Un effort financier non pas pour faire plaisir aux assureurs.

Mais un effort financier du Gouvernement pour aider la population sinistrée.

 

Je ne le dirai jamais assez, c’est grâce à l’intervention du gouvernement wallon que les personnes sinistrées peuvent aujourd’hui être indemnisées à 100%, selon les clauses de leurs polices d’assurance et les évaluations des experts

 

Quant aux personnes non assurées, elles ne sont pas oubliées.

 

Que du contraire.

Le gouvernement a prévu exceptionnellement pour les victimes non assurées une intervention financière importante du Fonds des calamités naturelles.

 

Avant les inondations, ce service ne comptait que trois personnes.

Pour traiter les milliers de dossiers suite aux inondations, le gouvernement a décidé de renforcer ce service par l’engagement de 34 personnes supplémentaires.

Les 4 derniers engagements ont eu lieu le 20 avril !

 

6 personnes proviennent d’autres services.

 

Désormais, 43 personnes y travaillent.

 

Bien sûr, chaque recrutement a nécessité une procédure trop longue par rapport à l’urgence des situations.

 

Mais on se doit de respecter les prescrits légaux et les procédures.

 

C’est le minimum que l’on puisse demander à l’administration ! Et hélas, ça prend du temps !

 

Malgré cette difficulté, le Fonds des calamités travaille actuellement à plein régime.


A ce jour, près de 7.700 demandes ont été introduites. Parmi celles-ci, 1.170 ont fait l’objet d’une décision positive.

 

Le service des calamités est en attente de compléments d’informations de la part des demandeurs pour plus de 3.300 dossiers.

 

Pour les personnes qui sollicitent le fonds des calamités pour la réparation ou la reconstruction d’un logement dont elles sont propriétaires (donc pas les locataires), le gouvernement a prévu des dispositions spéciales.

 

Pour les personnes les plus démunies, qui sont propriétaires, une police d’assurance n’est pas un préliminaire à l’octroi d’une indemnité par le Fonds des calamités.

 

En effet, la condition de souscription d’un contrat d’assurance incendie (et donc assurance en cas de catastrophe naturelle) n’est pas applicable aux bénéficiaires d’un revenu d’intégration sociale ou d’un revenu équivalent.

 

Les personnes en difficulté financière suite aux dommages qu’elles ont subi à leur propriété, peuvent, quant à elles, fournir une déclaration sur l’honneur précisant qu’elles s’engagent à souscrire une assurance après réception de l’aide du Fonds des calamités.

 

Outre l’intervention financière pour les personnes assurées et les personnes non assurées, le gouvernement a également soutenu les citoyens sinistrés de plusieurs manières.

 

Notamment, en apportant :

 

  • Une aide alimentaire via la distribution de repas chauds en parallèle et à la suite du travail remarquable des bénévoles ;
  • Une aide psycho-sociale ;
  • Une aide énergétique.

 

Le gouvernement a par ailleurs soutenu financièrement les pouvoirs locaux des communes sinistrées.

 

Enfin, plus de 700 millions d’euros ont, jusqu’à présent, été réservés pour la reconstruction des zones sinistrées.

 

Quant aux conclusions de la Commission d’enquête parlementaire relative aux dramatiques inondations de juillet dernier, je tiens à remercier les membres de la Commission pour le travail accompli.

 

Le 21 avril, le Gouvernement wallon a pris acte des 161 recommandations qui ont été formulées.

 

Le gouvernement a réparti ces 161 recommandations en deux catégories : celles qui relèvent exclusivement de la Région wallonne et celles qui relèvent d’autres niveaux de pouvoir.

 

Les recommandations qui relèvent de la Région wallonne ont été réparties entre les ministres wallons compétents.

Chaque ministre analyse les recommandations qui relèvent de ses compétences et proposera au gouvernement les mesures à prendre.

 

Les recommandations qui ne relèvent pas des attributions exclusives de la Région font l’objet d’une analyse par le Comité stratégique du SPW afin de les répartir entre les niveaux de pouvoir concernés

 

Sur cette base, j’effectuerai les démarches nécessaires auprès des institutions concernées.

 

Depuis le lendemain des inondations et durant les 7 mois de travail de la Commission d’Enquête parlementaire, le Gouvernement a tout naturellement agi.

 

C’est ainsi que certaines améliorations ont été directement apportées. 

 

Je pourrais citer, notamment :

 

  • Le renforcement de la collaboration entre l’IRM et la Direction de la Gestion hydrologique, 

 

  • La mise en place de la cellule d’analyse de risque CELEX,

 

  • Les mesures de prudence à prendre en termes de constructibilité en zone inondable, 

 

  • La mise en place de processus rapides d’intervention en cas d’urgence chaque fois que des modifications règlementaires interviennent dans certains domaines. Par exemple les déchets, les aides aux logements, …

 

Monsieur le Président

Mesdames, Messieurs, les Parlementaires

 

La guerre menée par Poutine change fondamentalement le paradigme de prospérité et de paix qui caractérisait l’UE.

 

Aujourd’hui l’Europe a besoin de se doter d’une défense capable de protéger, en cas d’agression, chaque citoyen européen dont les citoyens wallons.

 

Cette inéluctable réalité géopolitique conduira les pays européens à revoir certains aspects de leurs législations et décisions.

 

En attendant, la Wallonie, terre de solidarité, accueille les Ukrainiennes et les Ukrainiens qui fuient la guerre.

 

Nous avons d’abord pu compter sur la solidarité citoyenne.

 

Cet accueil, que nous avons financièrement soutenu et que nous remercions, a également été rendu possible grâce à l’action des communes.

 

Désormais, nous travaillons, avec les gouverneurs, à la création et la détection de places d’accueil dans des structures collectives.

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

La crise sanitaire et les inondations auront donc coûté, chacune, plus de 3 milliards d’euros à la Wallonie.

 

Aujourd’hui, d’autres dépenses imprévues viennent grever le budget de la Région tels l’accueil et de l’accompagnement des réfugiés ukrainiens.

 

Nonobstant les malheurs qui nous accablent, notre devoir est d’être rigoureux à l’égard du budget de notre Région.

 

Le gouvernement entend respecter la trajectoire budgétaire que nous nous étions fixés en début de législature.

 

Notre ambition est de maintenir la dette à un niveau supportable.

 

A cet effet, le gouvernement s’est donné un objectif de diminution progressive et cumulative du solde brut de minimum 150 millions d’euros par an.

 

J’entame ce jour, avec mes Collègues, l’exercice difficile de l’ajustement budgétaire.

 

Malheureusement, l’évolution des paramètres macro-économiques, dans ce contexte d’incertitudes, nous est défavorable de plus de 140 millions. 

 

Mais le gouvernement entend assumer ses responsabilités envers nos concitoyens, envers notre jeunesse, envers nos entreprises. 

 

Nous refusons de laisser filer l’endettement et d’hypothéquer la capacité de la Région à déployer ses politiques et assurer le service public à l’avenir.

 

C’est notre responsabilité vis-à-vis des générations futures.

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

En dépit des catastrophes, le gouvernement wallon entend relancer notre économie et poursuivre les efforts pour éviter un réchauffement excessif de notre planète.

 

C’est pour cela que nous avons mis sur pied un plan de relance ambitieux.

 

Un plan de relance qui reflète l’ambition du gouvernement de Wallonie.

 

Un plan de relance qui apporte une réponse aux principaux défis de notre Région

 

Notre plan de relance, n’en déplaise à certains, fait dorénavant l’objet de l’adhésion des corps intermédiaires que sont les partenaires sociaux et environnementaux.

 

Nous avons en effet conclu un accord historique avec eux.

 

Je dis bien « accord historique » car nous travaillons ensemble, main dans la main, pour relancer la prospérité de la Wallonie.

 

L’accord est inédit.

 

L’accord démultiplie les efforts du gouvernement.

 

Avec le plan de relance, notre objectif est de créer une dynamique puissante et jamais connue en Wallonie depuis les années 60.

 

Cet accord avec les partenaires sociaux et environnementaux est le fruit d’un travail de longue haleine.

 

Nous avons commencé par identifier ensemble les projets au sein du plan qui nous semblaient être les plus structurants.

 

Ces projets ont ensuite été classés au sein de quatre « programmes d’actions prioritaires » (PAP).

 

Nous avons également identifié deux prérequis.

Ceux-ci étant la formation en alternance et l’accès aux marchés publics pour nos PME’s.

 

Les quatre programmes d’action prioritaires représentent un budget de 2,5 milliards. Ils portent sur des thématiques urgentes comme :

 

  • la formation ;
  • la sortie de la précarité ;
  • la politique économique et industrielle ;
  • l’indépendance et la transition énergétique.

 

Toutefois, le plan de relance ne se limite pas à ces PAP.


Le plan de relance global se compose en effet de 3 volets :

 

  • Les PAP ;
  • Mais aussi les projets retenus dans le cadre de la Facilité pour la reprise et la résilience, financé par l’Union européenne
  • Et également les projets qui relèvent du plan de transition initialement conçu avant l’association des partenaires sociaux et environnementaux.

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

 

Comme on le dit communément, « la critique est aisée mais l’art est difficile ».

 

Il n’est pas besoin que je développe cet adage.

 

Pas besoin non plus que je rappelle à nouveau les crises successives qui ont demandé au gouvernement des réactions instantanées.

 

Certains parlent de lenteur.

 

Moi je parle de résilience et de concrétisation.

 

Nous pouvons nous réjouir du travail commun sur les projets prioritaires avec les partenaires sociaux et environnementaux. Ainsi qu’avec la majorité gouvernementale au sein de ce Parlement.

 

A ce stade, 59% des programmes d’actions prioritaires sont soit en cours, soit sur le point de démarrer.

70% des prérequis et projets de la Facilité pour la reprise et la résilience sont concrétisés ou en bonne voie.

 

Nous pouvons et devons être confiants quant à l’avenir de la Wallonie.

 

Notre Région regorge de talents et enregistre de nombreux succès.

 

Païri Daiza, IBA, IRE Fleurus, Les Vignobles du Chant d’Eole et du Rufus, I-Care, etc. 

 

Je vous invite à le répéter chaque fois. Et faire une communication positive et percutante. Ce sont autant d’exemples à mettre en évidence.

 

Notre Région foisonne de citoyens intelligents et créatifs.

 

Notre Région regorge d’une jeunesse formidable qui en veut.

 

Qui ne regarde pas dans le rétroviseur et qui ne demande qu’à avancer !

 

A la dimension qui est la nôtre, nous pouvons, si nous le voulons, devenir un modèle au cœur de l’Europe.


Un modèle de créativité ;

 

Un modèle de justice sociale ;

 

Un modèle d’épanouissement pour tous les travailleurs ;

 

Un modèle de protection de l’environnement ;

 

Un modèle de développement technologique ;

 

Un modèle d’économie ambitieuse, avec des entreprises propres et des circuits courts.

 

Mais pour cela, nous devons arrêter l’auto-flagellation et la comparaison avec des régions qui n’ont ni notre histoire industrielle, ni les mêmes particularités que les nôtres.

 

Nous devons donner tort aux défaitistes et faire taire les oiseaux de malheur.

 

Nous devons avancer ensemble et construire ensemble.

 

Je vous invite, Mesdames et Messieurs les Députés, à amplifier le mouvement, à intensifier la dynamique en cours et à redoubler d’ambition pour la Wallonie.

 

C’est ainsi que nous rendrons l’espoir aux femmes et aux hommes de Wallonie.

 

C’est ainsi que nous tournerons définitivement la page des difficultés.

 

La Wallonie est forte, la Wallonie est belle, la Wallonie s’en sortira.

 

Grâce à nous tous, la Wallonie s’en sortira digne et debout !

 

Je vous remercie pour votre attention.

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