Fêtes de Wallonie 2022

Allocution d’Elio Di Rupo Ministre-Président

 

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Président du Parlement wallon,

Mesdames, Messieurs les Présidentes et Présidents des Assemblées,

Mes chers Collègues ministres et parlementaires,

Monsieur le Chef de cabinet de Sa Majesté le Roi,

Mesdames, Messieurs, en vos titres, grades et qualités.

 

Tout d’abord, soyez toutes et tous remerciés très chaleureusement pour votre présence.

 

Ensuite, nous pouvons aisément le reconnaitre,

depuis le début de la présente législature, nous avons connu des moments très difficiles.

 

Les coups durs n’ont pas manqué, les raisons de s’inquiéter non plus.

 

En ce jour de fête, mes premiers mots seront toutefois pour vous dire que malgré les épreuves, la Wallonie résiste et prépare l’avenir avec confiance.

 

La Wallonie est résiliente !

 

Bien sûr, je n’oublie pas les inondations qui l’an dernier ont emporté près de 40 vies humaines et sinistré 100.000 de nos concitoyens.

 

Je n’oublie pas non plus la pandémie qui a coûté la vie à près de 11.700 personnes vivant en Wallonie.

 

J’ai également bien conscience des conséquences de la désastreuse guerre menée par Poutine en Ukraine ;

des conséquences économiques et sociales toujours très tangibles.

 

Je mesure le drame pour les familles, les entreprises, et les indépendants confrontés au coût pharamineux des factures d’énergie.

 

Tout cela – les catastrophes naturelles, la guerre en Europe et la crise économique – aurait pu nous mettre à genoux.

 

Eh bien non !

 

La Wallonie réussit au contraire à démontrer, dans ces circonstances tragiques, sa formidable résilience.

 

En ce moment, la grande préoccupation concerne le prix exorbitant des énergies, alors que des producteurs engrangent des bénéfices démesurés.

 

L’Union européenne devrait bientôt prendre des mesures pour faire baisser les prix.

 

Dans ce nouveau contexte, la Wallonie examinera la meilleure manière d’agir.

 

Mesdames, Messieurs,

Quoi qu’il advienne, la Wallonie a résisté et résistera encore à tous les chocs.

 

Elle a ainsi prouvé sa détermination et qu’elle était tout sauf une petite région vulnérable.

 

Petite, la Wallonie ne l’est pas.

 

Elle compte davantage d’habitants que plusieurs États membres de l’Union européenne, tels que la Lituanie, la Slovénie, la Lettonie, Chypre, Malte ou encore le Grand-Duché de Luxembourg.

 

C’est une Région importante, à la charnière des mondes latin et germanique.

 

Une Région qui est un moteur historique de la construction européenne.

 

Vulnérable, la Wallonie ne l’est pas non plus.

 

Le meilleur témoin de cette solidité, ce sont ses finances publiques maîtrisées.

 

En accédant à la présidence du gouvernement, fin 2019, j’imaginais, avec mes collègues, pouvoir me consacrer totalement à l’essor de la Wallonie.

 

Une belle dynamique était enclenchée.

Dynamique que la covid, les inondations, la guerre et maintenant la crise énergétique sont venues bouleverser.

 

Ces calamités ont couté et coûtent très cher à la Wallonie et aux citoyens qui y vivent : près de 10 milliards d’euros depuis 2020.

 

Face aux événements dramatiques et aux besoins énormes des citoyens wallons, le gouvernement n’a pas hésité.

 

Il a activé tous les leviers pour soutenir et protéger celles et ceux qui en avaient le plus besoin.

 

Tous les leviers que ses compétences institutionnelles et ses moyens financiers lui octroient.

 

Nous avons ainsi aidé massivement

les sinistrés des inondations,

le personnel soignant,

les personnes en situation de précarité,

les restaurateurs,

les artistes,

les petits indépendants,

et plus généralement le monde du travail.

 

J’ose dire que nous agissons au mieux.

 

Si nos finances sont restées maîtrisées, c’est parce que nos dépenses récurrentes sont restées sous contrôle.

 

La trajectoire des déficits des dépenses courantes, qui doit nous amener à l’équilibre budgétaire en 2024, est respectée.

 

Quant à la dette résultant de ces circonstances exceptionnelles, elle reste soutenable pour le budget wallon.

 

 

Monsieur le Président

Mesdames, Messieurs,

 

Les coups du sort successifs auraient pu décourager le gouvernement.

 

Tout au contraire, ces coups du sort ont galvanisé le gouvernement et l’ont rendu plus déterminé que jamais.

 

La langue que nous parlons est la langue du courage, de la volonté et de l’espoir.

 

Cette langue se parle, se lit et s’entend à chaque page du plan de relance que nous avons élaboré.

 

Plan de relance que nous sommes désormais occupés à mettre en œuvre.

 

Un plan qui va permettre à la Wallonie d’effectuer un bond en avant.

 

Un plan qui ouvre des perspectives à notre jeunesse.

 

Il s’agit de transformer la Wallonie pour la préparer aux enjeux des prochaines décennies.

 

Il s’agit également de protéger au mieux nos concitoyens des prochaines crises qui pourraient nous frapper.

 

Notre plan de relance est donc aussi un plan de résilience.

 

Les crises successives ont mis en exergue le fait que nous ne pouvions compter que sur nous-même.

 

Nous disposons de fleurons dans des secteurs stratégiques:

le spatial,

la défense,

la pharma,

les biotech,

la cybersécurité,

l’énergie,

l’alimentaire. 

 

Tous ces secteurs seront consolidés.

 

Les récentes crises montrent également que nous devons à tout prix accélérer la transition économique, sociale, digitale et environnementale de notre Région.

 

L’économie d’énergie.

 

Des maisons parfaitement isolées.

 

Le passage aux énergies renouvelables et des entreprises épargnant l’énergie sont nos grandes priorités.

 

Le gouvernement mobilise très largement la société civile.

 

Ainsi, le plan de relance de la Wallonie bénéficie aujourd’hui de la collaboration active de l’Union wallonne des entreprises, de l’Union des classes moyennes, de la FGTB, de la CSC et d’Inter-Environnement.

 

Avec ces différents partenaires, le gouvernement avance à pas de géant.

 

Un cap est tracé.

 

Tout est en place pour donner à la Wallonie l’élan nécessaire à sa réussite future.

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

Des finances maîtrisées, un plan de relance ambitieux et une vision claire de ce que doit être la Wallonie sont les ingrédients du succès futur.

 

L’actuelle dynamique gouvernementale va ainsi permettre à la Wallonie de devenir une Région de référence.

 

Référence en termes de résilience et de développement durable.

 

Ce faisant, nous renforcerons l’économie nationale et nous contribuerons à la stabilité de notre pays.

 

Je tiens à rappeler ici que la Wallonie est et restera un partenaire constructif, soucieux d’œuvrer de la meilleure manière possible avec les autres entités du pays.

 

Les moyens financiers importants que nous dégageons profitent d’ailleurs au pays tout entier.

 

Ainsi, des entreprises de Flandre, actives sur le sol wallon, tirent directement profit d’un tiers de la richesse produite en Wallonie.

 

Il faut savoir que la Wallonie représente pour la Flandre un marché comparable à celui de la France, des Pays-Bas ou de l’Allemagne.

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

Le temps est sans doute venu, après les grandes réformes institutionnelles de la dernière décennie, de réfléchir sur nous-même.

 

Nos amis néerlandophones, qu’ils soient issus d’Ostende, Gand, Anvers ou Louvain, se sentent naturellement flamands.

 

Chaque jour, ils sont confortés dans ce sentiment par leurs médias.

 

En Région bruxelloise, les citoyens, quelle que soit leur langue ou leur origine, sont fiers d’appartenir à la capitale de l’Europe.

 

Chez nous, en Wallonie, ce sentiment d’appartenance est encore trop timide.

 

Or, l’identité wallonne est fondamentale si l’on veut rassembler les citoyens autour de projets mobilisateurs tels que le plan de relance.

 

On le sait, la Wallonie est une terre de grande tradition industrielle, agricole et culturelle.

 

Ce que l’on sait moins, c’est que la Wallonie est une terre biomédicale reconnue dans le monde entier.

 

34% de nos exportations sont assurées par des entreprises bio-pharmas et de sciences du vivant.

 

Sur le sol wallon, les start-up médicales au destin mondial pullulent.

 

Ce n’est pas étonnant, car la Wallonie est une terre d’innovation, une terre de chercheurs scientifiques du plus haut niveau.

 

A cet égard, je ne résiste pas au plaisir de rappeler le classement effectué par Research.com dans le domaine des nouveaux matériaux.

 

Parmi les 102 chercheurs scientifiques belges classés, l’institut place sur la toute première marche du podium le professeur Philippe Dubois, actuel recteur de l’Umons.

 

En matière de culture aussi, la Wallonie se distingue.

 

Les frères Dardenne, une fois encore primés au Festival de Cannes, ou Benoît Poelvoorde, en sont de percutants exemples.

 

Leurs noms viennent compléter la liste prestigieuse de nos grands artistes wallons, tels Paul Delvaux, René Magritte, Félicien Rops, Emile Fabry ou encore Charles Szymkowicz, qui vient de recevoir le Mérite wallon.

 

Le peuple de Wallonie est plein de talents, et sa jeunesse bouillonne de créativité.

 

Les jeunes ignorent les difficultés du passé et ils n’aspirent qu’à une chose, partir à la conquête de nouveaux horizons, de nouveaux progrès, de nouveaux succès.

 

La Wallonie doit conférer à tous ses jeunes une fierté collective et les moyens de concrétiser leurs ambitions.

 

C’est ce que nous faisons, en mettant en avant nos talents et nos succès.

 

C’est ce que nous faisons en avançant pas à pas, des pas qui sont chaque jour un peu plus grands.

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

Permettez-moi, en quelques mots, d’évoquer un thème qui m’est cher, celui de nos libertés et de nos droits fondamentaux.

 

Aujourd’hui, nous aurions dû honorer la Louisiane.

Un État américain avec lequel nous avons une proximité naturelle, vu le grand nombre de francophones qui y vivent.

 

Je me réjouissais de pouvoir accueillir à bras ouverts ses représentants.

 

Hélas, l’arrêt rétrograde de la Cour suprême des États-Unis, a produit ses effets.

 

Le gouvernement de la Louisiane a décidé d’interdire l’IVG, et ce même en cas de viol ou d’inceste.

 

Comme tant de défenseurs de la cause des femmes, je considère que le droit des femmes à disposer de leur corps est un droit inaliénable.

 

J’aurais dès lors trouvé indécent, pour la Wallonie, d’honorer un État qui interdit l’IVG, je le répète, même en cas de viol ou d’inceste.

 

 

Monsieur le Président

Mesdames, Messieurs,

 

Cette interdiction de l’IVG en Louisiane nous invite à réfléchir à nos libertés démocratiques.

 

Celles-ci sont à la fois un héritage, fruit du combat des générations précédentes, et un privilège.

 

Un privilège, parce que la plupart des humains sur Terre ne connaissent pas la chance que nous avons.

 

80% de la population mondiale ne bénéficient pas de nos libertés.

 

En Belgique, nous faisons donc partie des 20 % les mieux lotis.

 

Cette situation plus favorable fait de nous des gardiens des libertés sans cesse menacées.

 

Nous devons réagir immédiatement lorsque nous sommes témoins d’un déni de droit, ou lorsque ce trésor qu’est la liberté est menacé.

 

La liberté ne se négocie pas, elle se défend pied à pied, dans un combat qui est à renouveler sans cesse.

 

Notre devoir est également d’être exemplaires aux yeux des milliards d’êtres humains qui n’ont pas notre chance.

 

Continuons d’être une source d’inspiration pour eux, et soutenons les femmes et les hommes qui, à travers le monde, aimeraient tant pouvoir s’émanciper.

 

Nous serons ainsi à la hauteur des idéaux et des vastes ambitions qui sont à l’origine de nos régimes démocratiques.

 

Ma conviction est que la liberté ne se réduit pas quand on la partage, bien au contraire.

 

Soyons dès lors généreux envers celles et ceux qui en ce moment, de par le monde, cherchent la lumière de la démocratie.

 

La Wallonie, à la place qui est la sienne et avec les moyens qui sont les siens, mettra toujours un point d’honneur à étendre au niveau international les libertés qu’elle cultive sur son propre sol.

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

J’en termine, en vous faisant partager ma conviction que la Wallonie peut vraiment devenir un modèle à suivre.

 

Un modèle en termes de libertés individuelles et démocratiques, comme je viens de le souligner.

 

Un modèle de société solidaire et fraternelle, grâce à notre longue tradition en la matière.

 

Une tradition qui fonde notre identité et que nous continuerons jalousement à faire vivre.

 

Un modèle, enfin, de développement durable et responsable.

 

Dans quelques années, la Wallonie sera observée avec beaucoup d’intérêt, comme un région pionnière et avant-gardiste qui montre la voie. 

 

 

Mesdames, Messieurs,

voilà ce que je voulais vous dire en ce jour de fête.

 

Grâce à tout le travail réalisé, grâce à tous les projets qui sont à présent sur les rails, la Wallonie redresse la tête et elle va de l’avant sans plus se retourner.

 

Je m’en réjouis pour vous.

Je m’en réjouis pour nous tous.

 

Je m’en réjouis pour notre jeunesse.

 

Bonnes Fêtes de Wallonie !

 

 

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